Questions/Réponses sur le paludisme
Malaria FAQ


Beaucoup de questions se posent sur le paludisme. Cette maladie que l' OMS pensait pouvoir éradiquer de la planète et qui hélas est actuellement en extension.
Les nombreux conflits qui frappent l'Afrique avec les migrations de populations qu'ils entraînent, les modifications climatiques, l'augmentation des voyages, tant professionnels que de loisirs et la constante adaptation du parasite du paludisme et de son vecteur aux produits utilisés pour les combattre expliquent cette situation (voir cartes des résistances dans le monde).
Ces quelques pages ont pour simple objectif d'apporter une aide supplémentaire au profane afin qu'il puisse se protéger au mieux de cette maladie tropicale.

Qu'est-ce-que
le paludisme ?
Le paludisme, nom utilisé en français (palus = marais) et la malaria (mauvais air), pour les anglosaxons sont la même maladie.
On peut penser que si la capitale de l'Argentine s'appelle Buenos Aires, c'est parce que la Mal-Aria sévissait de l'autre côté de la baie en Uruguay.

Le paludisme est une maladie parasitaire affectant l'homme, les oiseaux et les singes, causée par des protozoaires du genre Plasmodium. La transmission du protozoaire se fait par l'intermédiaire de la piqûre d'un vecteur : la femelle d'un moustique du genre Anopheles. La maladie peut survenir dans la plupart des régions tropicales et subtropicales de la planète (90 pays, 2,4 milliards de personnes, soit 40 p.100 de la population mondiale). On recense environ 400 millions de cas de paludisme chaque année (90 p.100 en Afrique), dont environ 0,5 p.100 ont une issue fatale (le plus souvent des enfants en Afrique). Pour plus de détails, aller voir l'horloge qui égrène en direct les cas et les décés imputables au paludisme : The Malaria Clock.
Il existe 4 formes de paludisme, chacune étant causée par une espèce plasmodiale différente (Plasmodium falciparum, Plasmodium malariae, Plasmodium ovale et Plasmodium vivax). L'inféodation à l'homme de ces 4 espèces s'est faite à des époques différentes. Les premières espèces à avoir inféodé l'homme, P. malariae, P. vivax et P. ovale, sont désormais les mieux tolérées par lui, l'organisme humain s'est adapté au cours des siècles, les parasites peuvent survivre très longtemps dans l'organisme et les crises qu'ils provoquent ne sont en général pas mortelles. Au contraire, la dernière espèce à avoir inféodé l'homme, P. falciparum, est très mal tolérée, le parasite survit rarement plus de 2 mois dans l'organisme et il est responsable de la plupart des décès causés par le paludisme.

Comment éviter
le paludisme ?
Les 3 lignes de défense suivantes peuvent être envisagées pour éviter les désagréments dus au paludisme :
  • La prévention,
  • La chimioprophylaxie
  • Les traitements
1/ La prévention :
Prévention collective ou individuelle. C'est la première ligne de défense. Le but est d'empêcher la contamination par le parasite (l'impaludation) :
- Collective, comme son nom l'indique, elle est de la responsabilité de la collectivité. Elle consiste à jouer sur le milieu en le modifiant (ex. : assainissement des marais, lutte contre les larves de moustiques)
- Individuelle, elle consiste à se protéger des piqûres de moustiques. Les mesures à appliquer sont, entre autres, l'utilisation de moustiquaires imprégnées, et de produits répulsifs sur la peau.

2/ La chimioprophylaxie :
C'est la deuxième ligne de défense. Elle a pour but d'empêcher de faire des crises. Elle n'empêche pas l'impaludation, ce qui explique pourquoi il est important de continuer son traitement 2 mois après être rentré d'une région tropicale (cf.: question précédente sur la durée de vie de P. falciparum).

3/ Les traitements :
Ils sont de 3 types, présomptif, curatif ou radical et constituent la troisième ligne de défenses.
- Traitement présomptif : il consiste au traitement systématique des accès fébriles. C'est une alternative à la chimioprophylaxie mais ce traitement est risqué car P. falciparum peut tuer en quelques heures.
- Traitement curatif : c'est le traitement de la crise de paludisme confirmé par les résultats de laboratoire (frottis sanguin, goutte épaisse ou autres). Les médicaments sont les mêmes que ceux du traitement présomptif.
En cas de survenue d'une crise, alors qu'une chimioprophylaxie bien suivie est en cours ou en cas de non-réponse à un premier traitement, il est important de consulter, dans un centre hospitalier équipé, pour évaluer la chimiosensibilité de P. falciparum aux antipaludiques (antipaludogramme), ceci afin de déterminer précisément le médicament à prendre.
En effet, il y a de plus en plus de résistance aux traitements, de plus il est parfois observé une résistance croisée entre les traitements et, comme je l'ai déjà écrit, P. falciparum peut tuer en quelques heures.
- Traitement radical : il consiste à traiter les formes du paludisme qui se cachent dans l'organisme et qui, à l'occasion d'une reviviscence, peuvent déclencher une crise. Hélas, il n'existe pas actuellement de produit qui soit suffisamment efficace tout en étant non toxique.

Pour plus d'information sur les différents traitements :
- en français par Laboratoire de Parasitologie Faculté de Pharmacie Lille,
- en anglais sur le site du CDC.

Et la
vaccination ?
Elle n'est pas encore au point, mais de nombreuses équipes, de par le monde, travaillent sur ce sujet.
Les premiers résultats présentés par le médecin Colombien, Manuel Patarroyo, avaient suscité beaucoup d'espoir. Hélas les études complémentaires réalisées depuis en Asie n'ont pas confirmé ces premiers résultats.

Si le sujet du vaccin vous intéresse, je vous conseille cette page très complète sur les cibles vaccinales actuellement étudiées.


Ces Questions/Réponses ont été réalisées à partir des données les plus récentes publiées par l'OMS, et des chapitres consacrés au paludisme dans d'excellents livres de parasitologie. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous conseille de consulter les sites web, les revues et les ouvrages suivants :
Weborama, les meilleurs sites francophones

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le 20/07/2003
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